Le 13 mars 2026, Astrid Greve Kristensen soutiendra sa thèse intitulée “Strangers in a strange land.The Returns of Orphans in German and Czech Literature of the 2000’s./Étrangers dans un pays étrange. Les retours des orphelins dans les littératures allemande et tchèque des années 2000.” (sous la direction de Clara Royer).
La soutenance aura lieu à 14h, dans la salle de conférence du Centres d’Études Slaves, au 9 rue Michelet (Paris, 75006).
L’événement sera suivi d’un moment de convivialité dans les salons du bâtiment, au rez-de-chaussée.
Les personnes qui désireraient suivre la soutenance par Zoom doivent se manifester auprès d’Astrid Greve Kristensen (astridgrevek@gmail.com).
Astrid Greve Kristensen est doctorante à Sorbonne Université depuis 2020 et doctorante associée au CEFRES.
Nous reproduisons ci-dessous l’abstract de sa thèse :
FR
Strangers in a Strange Land. Les retours des orphelins dans la littérature tchèque des années 2000 étudie cinq romans tchèques contemporains, publiés entre 2001 et 2016, qui abordent des événements de l’histoire récente (XXᵉ siècle) du point de vue de protagonistes orphelins. Il s’agit de Noční Práce [Missions nocturnes] (2001) et Kloktat dehet [Zone Cirque] (2005), tous deux de Jáchym Topol, Peníze od Hitlera. Letní mozaika [L’Argent d’Hitler. Une mosaïque d’été] (2006) de Radka Denemarková, Vyhnání Gerty Schnirch [Les Exilées de Moravie] (2009) de Kateřina Tučková, et Jezero [Nami] (2016) de Bianca Bellová. Cette étude examine la manière dont la fiction littéraire du XXIᵉ siècle réinvestit la figure de l’orphelin dans le contexte de la Tchéquie post-socialiste. Elle entend ainsi contribuer à l’analyse de la représentation littéraire de l’orphelin, tout en éclairant les processus mémoriels liés aux traumatismes historiques et personnels à travers une approche esthétique. L’orphelin y est envisagé comme une figure pleinement inscrite dans le discours mémoriel, permettant de prolonger et de renouveler la tradition littéraire liée à la figure de l’orphelin, en la faisant évoluer vers des territoires encore peu explorés.Cette thèse remet en question la conception de l’orphelin comme figure intrinsèquement tragique et s’attache, au contraire, à mettre en évidence ses potentialités émancipatrices. La figure de l’orphelin permet aux écrivains d’affronter les traumatismes historiques récents, tout en ouvrant des voies d’accès aux processus de mémoire familiale et individuelle liés au deuil, à la construction de l’identité et à l’agentivité. La littérature tchèque contemporaine ne tend pas seulement un miroir vers le passé, mais interroge également le présent, en montrant la manière dont les périodes et les événements historiques sont aujourd’hui compris et interprétés. Le choix de protagonistes orphelins attire ainsi l’attention sur la nécessité d’un parricide symbolique, qui signifie l’abandon de certains aspects du passé — en particulier des tendances les plus tyranniques du XXᵉ siècle — et esquisse l’horizon d’un avenir moins encombré par ses héritages. Dans le même temps, la figure de l’orphelin peut suggérer une forme de hantise exercée par les générations précédentes, impossible à surmonter, mettant en lumière la nature fondamentalement ambivalente de cette figure et ses potentialités.
ENG
Strangers in a Strange Land. The Returns of Orphans in Czech Literature of the 2000s is concerned with orphan protagonists in five contemporary Czech novels that deal with recent (20th century) history, published between 2001-2016: Noční Práce [Nightwork] (2001) and Kloktat dehet [Gargling with Tar] (2005), both written by Jáchym Topol, Peníze od Hitlera. Letní mozaika [Money from Hitler. A Summer Mosaic] (2006) by Radka Denemarková, Vyhnání Gerty Schnirch [Gerta] (2009) by Kateřina Tučková, and Jezero [The Lake] (2016) by Bianca Bellová. The study investigates how the orphan figure functions in narrative fiction in the 21st century within a Czech, postsocialist context. It adds to the knowledge of literary studies of the orphan as a figure of interpretation, and to understanding mnemonic processes concerning historical and personal trauma, through aesthetic means. The study situates the orphan character as a figure entrenched in memory discourse, advancing the legacies of the literary orphan into new, unexplored territories.The study challenges the notion of the orphan as an inherently tragic figure and instead considers the liberatory prospects of the figure as well. The orphan figure allows writers to grapple with recent historical trauma but also provides alleys into familial and individual memory processes that have to do with grief, self-identification, and agency. Czech contemporary literature holds a mirror not only towards the past but to the present, showcasing how historical periods and events are understood and interpreted today. The choice of orphan protagonists therefore directs attention towards a need for symbolic parricide that represents leaving certain aspects of the past behind, especially more tyrannical tendencies of the 20th century, and gestures towards a future less encumbered by the legacies of the past. At the same time, the orphan figure can suggest a particular haunting of the previous generations that is impossible to overcome, highlighting the dual nature and potential of this figure.